Les histoires de l’Euro épisode 1 : l’Espagne sur le toit du monde (2008-2012)

Euro 2008, Coupe du Monde 2010, Euro 2012, l’Espagne a régné sans partage sur le monde du football pendant quatre ans. Une domination sans précédent grâce à une philosophie de jeu bien particulière : le Tiki Taka. Un style de jeu basé sur des passes courtes en une touche de balle, des déplacements incessants et une récupération haute du ballon, qui a fait de la Roja une machine à gagner inarrêtable. Souvent copié, mais jamais égalé, retour sur l’une des belles pages de l’histoire du ballon rond.

Après l’élimination au Mondial de 2006 face à la France, la Roja, animée par un esprit de revanche se qualifie sans frayeur pour l’Euro 2008. Malgré l’absence du buteur vedette de la sélection, Raúl, élu meilleur joueur du championnat espagnol mais écarté par le sélectionneur Luis Aragonés au profit des jeunes pousses David Villa et Fernando Torres, l’Espagne revancharde fini en tête de son groupe. Victorieuse de la Russie (4-1), de la Suède (2-1) et de la Grèce (2-1).

Les Espagnols se frayent ensuite un chemin sans encombre vers la finale, éliminant successivement l’Italie, championne du monde en titre, en quarts (aux tirs au but) et la Russie une nouvelle fois en demi-finale (3-0). La Roja dispute alors face à l’Allemagne sa première finale depuis l’Euro 1984 face à la France de Michel Platini. Elle ne passe pas à cote du rendez-vous et remporte son premier titre depuis 1964 grâce à un but de Fernando Torres.

La Roja au sommet de son art

À la suite de cette victoire, Vicente Del Bosque, ancien entraineur du Real Madrid reprend le flambeau de la sélection. En s’inspirant grandement de la vision du grand Barça de Guardiola et de son milieu magique, l’Espagne se présente en Afrique du Sud comme l’un des grands favoris. La troupe de Del Bosque se fait pourtant surprendre dès l’entame de la compétition face à la Suisse 1-0. Une contre-performance vite effacée par deux victoires contre le Honduras 2-0 et le Chili 2-1 pour se qualifier en huitième de finale, où elle s’offre le scalp du Portugal de Cristiano Ronaldo.

Elle continue sa route en écartant le Paraguay 1-0 et retrouve l’Allemagne en demie qu’elle domine comme à l’Euro 2008 (1-0). La finale face au Pays-Bas est fermée mais Andres Iniesta libère tout un peuple en inscrivant le but de la victoire au bout des prolongations. L’Espagne et son Tiki Taka sont sur le toit du monde et placent six joueurs dans l’équipe type du tournoi : Casillas, Puyol, Ramos, Iniesta, Xavi et Villa.

La naissance du faux neuf espagnol

Pour l’Euro 2012, l’Espagne est en mission pour réaliser un triplé historique. Malgré les tensions entre le Real de Mourinho et le Barça de Guardiola, la sélection se qualifie facilement pour la compétition en remportant ces huit matchs de qualifications. Le goleador David Villa en profite pour devenir le meilleur buteur de l’histoire de la Roja mais se blesse à l’aube du tournoi. Face à cette absence inattendue, Del Bosque décide de changer son système de jeu. Exit le traditionnel attaquant de pointe, place à un faux neuf incarné par Cesc Fabregas.  

L’Espagne entame l’Euro par un match nul face à l’Italie 1-1, mais enchaine par une victoire contre l’Irlande (4-0) et la Croatie (1-0). Elle est cependant de plus en plus critiquée pour son football ennuyeux et stérile. Qu’importe ! La Roja se défait de la France en quart de finale (2-0) et écarte le Portugal en demie aux tirs aux buts. En finale, les coéquipiers d’Iker Casillas surclassent l’Italie (4-0) et font taire les critiques en réalisant le match parfait. L’Espagne réussit alors un triplé historique en remportant trois compétitions internationales majeures consécutives.

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